Entre exigence entrepreneuriale, ancrage local et quête de sens, Jérémie Houegbelossin développe Xwévi, une initiative de tourisme communautaire au Bénin pensée comme une rencontre équilibrée entre voyageurs et communautés rurales. Dans cette interview, il revient sur la genèse du projet, les défis rencontrés, et le rôle clé joué par l’accompagnement ENTOURAGE dans la structuration de son initiative.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de l’initiative que vous développez en Afrique ?
Je m’appelle Jérémie Houegbelossin. Je suis Responsable Administratif et Financier en France et je développe Xwévi, une initiative de tourisme communautaire au Bénin.
Xwévi propose des séjours immersifs dans des villages ruraux, conçus et organisés avec les communautés locales, dans une logique de co-construction.
Le projet repose sur une conviction simple : le tourisme peut être autre chose qu’une consommation de lieux. Il peut devenir un levier de développement local, de transmission culturelle et de transformation mutuelle, à condition d’être pensé avec exigence, humilité et transparence.
Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre en Afrique ? Y a-t-il eu un déclic particulier ?
Je ne parlerais pas d’un déclic brutal, mais plutôt d’un cheminement. Étant originaire du Bénin, j’ai toujours entretenu un lien fort avec ce pays. Au fil du temps, j’ai observé deux réalités parallèles. D’un côté, des voyageurs notamment de la diaspora en quête d’expériences profondes et sincères. De l’autre, des communautés rurales riches de savoir-faire et d’une culture de l’hospitalité remarquable, mais peu intégrées aux dynamiques touristiques. Xwévi est né de cette intuition : créer un cadre structuré où ces deux mondes peuvent se rencontrer de manière équilibrée, respectueuse et durable.
Quels ont été vos principaux défis dans votre parcours entrepreneurial jusqu’ici ?
Le premier défi a été de trouver le juste équilibre entre ambition entrepreneuriale et respect des réalités locales, parfois très différentes de ce que l’on imagine à distance. Il a également fallu structurer un modèle économique viable sans tomber dans une logique de volume, rassurer des partenaires sur les questions de sécurité et de qualité, et transformer une vision très humaine en processus concrets et reproductibles. Enfin, il y a un défi permanent : naviguer entre différents référentiels culturels et professionnels, tout en restant aligné avec ses valeurs et en avançant de façon pragmatique.
Pourquoi avoir fait appel à ENTOURAGE pour vous accompagner ?
Parce que je ne cherchais pas une approche théorique ou un discours générique sur “l’entrepreneuriat en Afrique”. J’avais besoin de confronter mon projet à des personnes qui connaissent réellement le terrain : ses contraintes, ses opportunités et ses zones de vigilance. Avec ENTOURAGE, j’ai trouvé des échanges francs, sans posture, avec des experts qui parlent de leur expérience vécue.
Avec quels experts ENTOURAGE avez-vous échangé et sur quels sujets précis ?
J’ai eu une session en tête à tête avec Souleymane Khol, dont l’expertise en gestion hôtelière a été très précieuse pour Xwévi. Il m’a aidé à renforcer la rigueur opérationnelle du projet : standards d’accueil, gestion de la qualité, anticipation des risques, professionnalisation sans dénaturer l’authenticité de l’expérience.
J’ai aussi eu à participer à un dîner privé avec Régis Facia, qui m’a beaucoup challengé sur le mindset entrepreneurial en Afrique : assumer les incertitudes, penser la croissance de manière réaliste, accepter les contraintes comme des paramètres structurants plutôt que comme des freins.
Comment voyez-vous l’évolution de Xwévi dans les prochaines années ?
Je vois Xwévi comme un réseau de villages partenaires qui se développe progressivement. L’objectif n’est pas de massifier, mais de dupliquer un modèle maîtrisé, en restant fidèle aux principes d’authenticité, de transparence et de réciprocité. Chaque nouvelle étape devra être validée par le terrain.
Comment évalueriez-vous l’expérience proposée par ENTOURAGE ?
Je dirais : disponibilité et écoute. Il y a un vrai souci de continuité. On ne se sent pas seul après une session, et on sent que l’équipe s’intéresse réellement à l’évolution du projet.
Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur ou une entrepreneure de la diaspora qui souhaite lancer un projet en Afrique ?
D’abord, écouter le terrain avant de vouloir apporter une solution, ensuite, accepter que l’impact durable demande de la patience, et surtout, ne pas rester seul : s’entourer, confronter ses idées et avancer avec humilité.
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